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Salle de réunion avec documents contractuels, graphiques financiers et deux places face à face, évoquant un désaccord entre associés sur le partage de la valeur.

Quand deux associés ne parviennent plus à se parler sans s’affronter

Dans une PME de services numériques, deux associés aux fonctions complémentaires finissent par s’opposer ouvertement devant leurs équipes. Les échanges directs cessent, les décisions ralentissent et le troisième associé devient l’intermédiaire permanent entre eux. La médiation va permettre de restaurer un dialogue sans demander à l’un ou l’autre de renoncer à sa position ou à sa dignité.

Un conflit qui finit par devenir public 

Les trois associés avaient développé leur entreprise pendant une dizaine d’années en s’appuyant sur des compétences complémentaires : l’un portait principalement la technique, un autre le développement commercial et le troisième l’équilibre financier. 

Avec le temps, des tensions se sont accumulées entre les deux premiers. Le responsable technique reprochait au responsable commercial de prendre des engagements auprès des clients sans tenir suffisamment compte des capacités de production. De son côté, le responsable commercial vivait les objections techniques comme un manque de souplesse et une difficulté à accompagner le développement. 

Le point de rupture est intervenu lors d’une réunion de direction. Le désaccord a basculé dans l’attaque personnelle devant les salariés. À partir de ce moment, les deux associés ont cessé de communiquer directement et ont utilisé leur troisième associé comme intermédiaire. 

Ce qui bloquait 

La difficulté n’était plus seulement technique ou commerciale. Chacun avait vécu les propos de l’autre comme une atteinte à sa compétence, à sa légitimité et à l’image qu’il donnait de lui devant l’équipe. 

L’un des associés a d’abord refusé la médiation. Accepter de s’asseoir autour d’une table pouvait, à ses yeux, être interprété comme le signe qu’il reconnaissait avoir tort ou qu’il cédait. Cette représentation a retardé le démarrage du processus et contribué à prolonger la situation. 

Pendant ce temps, le troisième associé continuait d’endosser un rôle de messager entre ses partenaires. Les réunions devenaient difficiles, les décisions se ralentissaient et le conflit commençait à affecter le fonctionnement de l’entreprise.

Permettre à chacun de retrouver une place dans le dialogue 

Le processus a commencé par des entretiens individuels. Ils ont permis à chacun de décrire ce qu’il avait vécu sans avoir à se défendre immédiatement face aux réactions de l’autre : sentiment d’humiliation, impression d’être dénigré, crainte de perdre sa place ou sa crédibilité, épuisement du troisième associé. 

Lorsque les associés ont ensuite été réunis, le cadre de la médiation a permis à chacun de parler sans être interrompu. Le travail a notamment consisté à distinguer les faits des interprétations et à transformer les reproches en demandes concrètes. 

La communication non violente a servi ici de grille de reformulation : décrire la situation, exprimer ce qu’elle avait produit, identifier ce qui comptait pour chacun et formuler une demande susceptible d’être entendue. L’objectif n’était pas d’appliquer une méthode de manière mécanique, mais de rendre les échanges à nouveau praticables. 

Ce que la médiation a permis 

À l’issue de deux réunions communes, les associés ont défini plusieurs engagements concrets : traiter leurs désaccords en privé avant les réunions collectives, instaurer un temps mensuel de coordination sur leurs priorités et leurs contraintes, et éviter que le troisième associé ne reste en permanence dans une fonction d’intermédiaire. 

Ils ont également convenu de reconnaître plus explicitement les domaines de compétence et les réussites de chacun, afin que les divergences de point de vue ne soient plus interprétées comme des attaques personnelles. 

La médiation n’a pas effacé les différences entre les associés. Elle a permis de reconstruire des règles de discussion suffisamment claires pour que ces différences puissent à nouveau être traitées sans paralyser l’entreprise.

Ce que ce cas permet de comprendre 

  • Un désaccord professionnel peut devenir un conflit relationnel lorsqu’il atteint la reconnaissance, la légitimité ou l’image de l’autre. 

  • Un conflit entre associés ne reste pas nécessairement cantonné à leur relation : lorsqu’il devient visible, il peut rapidement affecter les équipes et la prise de décision. 

  • Le refus initial d’une médiation peut traduire la crainte de perdre sa position ou d’apparaître comme celui qui cède. 

  • Le processus de médiation peut permettre de distinguer les désaccords de fond des blessures relationnelles et de reconstruire des règles de coopération.

Pour aller plus loin

Ce cas illustre l’une des situations dans lesquelles une médiation intra-entreprise peut être utile lorsque des associés ne parviennent plus à traiter directement leurs désaccords et que leur conflit commence à perturber le fonctionnement de l’organisation.

Découvrir la médiation intra-entreprise

Vous êtes confronté à un conflit entre associés ou à une relation de direction devenue difficile ? Un premier échange permet de déterminer si la médiation est adaptée au contexte et aux enjeux du dossier.

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Centre de médiation et d’enquêtes internes depuis 2018